• Aphanassi Viazemski
    Aphanassi Viazemski
    Oui débat complexe, quelques commentaires en vrac, qui montrent que je n'ai pas un avis tranché :-)

    1- Respecter la loi c'est important. C'est le fondement de la civilisation. On a le droit de la critiquer, de lutter pour la faire changer, mais pas de l'enfreindre (c'est mal !).
    Prétendre le faire "pour le bien des éditeurs" n'est pas un argument, a priori ce sont des grands garçons, on peut leur expliquer qu'ils "feraient mieux de", pas le faire à leur place si ce n'est pas légal, même si on pense que c'est dans leur intérêt.
    Et ce n'est pas parce qu'on a du mal à faire respecter l'interdiction de quelque chose qu'il faut le légaliser. Argument totalement fallacieux. Le Mexique n'arrive pas à lutter contre la criminalité galopante, ils doivent faire quoi, laisser tomber et légaliser les enlèvements et les meurtres, ou trouver des solutions pour les endiguer ?

    2- La propriété intellectuelle, c'est compliqué. En un sens je comprends la notion, et je sais que derrière il y a des enjeux, parfois des années de travail, de recherche, d'échec, et c'est aussi ça que protège la propriété intellectuelle. Mais:
    L'idée n'est rien, la mise en œuvre est tout (Gonzague, dans le Bossu, on a les références qu'on peut :-) )
    C'est une notion très occidentale, les Chinois sont aux antipodes de ça, c'est pour ça qu'on ne se "comprend" pas sur la notion de contrefaçon. Ça prouve juste qu'il y a d'autres manières de fonctionner que notre modèle
    Patrick Hernandez a fait une seule chanson, en une nuit, et a vécu toute sa vie dessus. Ça ne me gêne pas, tant mieux pour lui, de là à dire qu'il y a de la morale et de la légitimité derrière la propriété intellectuelle...
    On voit des artistes inconnus ou quasi inconnus se plaindre d'avoir été pillés par un chanteur ou un humoriste à succès. Ce qui tendrait à prouver que le succès ne vient pas seulement, voir pas prioritairement, de l’œuvre, mais de celui qui la présente, et de la manière dont il la présente. En France on a quand même tendance à vouloir récompenser surtout l'idée originale
    Les concepts de jeux ne sont pas légion, et les pures innovations non plus. Si on commence à aller grattouiller du côté de la propriété intellectuelle de l'idée originale, on n’est pas couchés...

    3- Je n'ai presque jamais piraté. Jamais quand je pouvais acheter, les rares fois où je l'ai fait concernaient des œuvres qui n'étaient pas à la vente. On va me dire que c'est la liberté de l'artiste, de l'éditeur. Certes, ceci dit ils ont aussi le droit de laisser leurs œuvres dans le garage, on ne sera pas frustrés. Produire, montrer quelque chose, et refuser de le vendre à quelqu'un qui est prêt à l'acheter, c'est un concept artistique qui me dépasse. Bon, c'est ma déontologie personnelle. Mais même si ça m'ennuie, je dois le reconnaître, à l'époque j'achetais les CD à 16 € (même en format numérique). Et s'il n'y a avait pas eu de piratage, je les achèterais à 20 ou 25 € aujourd'hui. Alors que là ils sont à 10 €, et je peux acheter des morceaux à l'unité (oui je sais je suis un dinosaure). Et l'industrie du disque a survécu, jusqu'à preuve du contraire (d'ailleurs faut-il vraiment que ce soit une "industrie" ?). Il faudrait quand même que les milieux professionnels puissent se remettre en question sans ce genre de pression, surtout quand ils prétendent donner des leçons de morale...

    Pour conclure, je pense qu'aujourd'hui, le développement d'une version numérique devrait faire partie de la base du développement d'un jeu, être intégré dans les coûts (parce que ça coûte quand même un peu d'argent, n'en déplaise à certains: on n'a pas le même niveau d'attente ou d'exigence fasse à un mod vendu par un pro et celui fait par un amateur gratuitement, et des questions de droit peuvent alourdir la note), dans les contrats. Mais ce n'est pas pour ça que ça légitime le fait de développer d'une manière illégale une version numérique si l'éditeur a choisi de ne pas le faire lui même.

    Rq: je ne connaissais pas TTS, j'en suis resté à Boardgame arena. Je crois au respect de la loi, mais je n'aime pas non plus qu'on utilise ses failles en prenant les gens pour des cons. Je ne sais pas s'ils sont riches à million, mais ils vendent quand même un outil dont le modèle économique s'appuie clairement sur un catalogue constitué de manière illégale. Ce ne serait quand même pas très compliqué pour eux de bannir ce qui est illégal, de leur propre initiative. S'ils ne le font pas ce n'est pas pour rien.