Dune: Imperium

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Par Paul Dennen
Illustré par Nate Storm and Clay Brooks
Édité par Dire Wolf Digital
1 to 4
Joueurs
14 ans et +
Age
90 min
Temps de partie
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L'Épice coule bien mais le sablier est curieusement façonné.

8,0
Avec la sortie un-jour-peut-être du film de Denis Villeneuve la licence Dune fait son retour sur le marché. Après la réédition un tantinet paresseuse du jeu culte de 1979 - plus vraiment conforme aux canons ludiques de l’époque (mais qui reste selon moi un sacré bon jeu) - voici venu la déclinaison moderne avec Imperium, signée Paul Dennen à qui on doit déjà le sympathique Clank !
Sans surprise le jeu convie la mécanique du deck-building, y injecte une bonne dose de placement d’ouvrier et saupoudre le tout d’une fine couche de fourberie (les cartes Intrigue) et de conflit (à chaque tour une bataille dotée d’une récompense qui devient un enjeu critique en fin de partie), comme pour affirmer un lien de parenté avec son ancêtre (ce que la règle s’abstient absolument de faire, renvoyant exclusivement à l’œuvre littéraire et au film à venir).

D’un point de vue thématique le jeu ne fait pas illusion bien longtemps. Une légère couche d’asymétrie, des ressources et actions qui tentent de s’inscrire dans l’univers mais on n’y croit pas un seul instant. D’autant qu’il faut bien constater le manque flagrant d’élégance du jeu, avec ses ressources nombreuses et bizarrement imbriquées, l’iconographie un peu absconse, une règle très extensive mais qui manque pourtant de clarté sur certains points (notamment les effets combinés des cartes Bene Gesserit ou Fremen) et pas mal de petits ajustements ad hoc qui relèvent manifestement de l’équilibrage.

Jusque là ça ne fait pas trop envie j’admets. Mais le jeu, même réglé et thématisé aux forceps, propose une formule intéressante et efficace en parvenant à extraire ce qui fait l’intérêt de ses principales mécaniques.
Le tour commence en révélant les enjeux du conflit et les joueurs piochent une nouvelle main de cinq cartes. Chaque joueur joue ensuite à tour de rôle une action jusqu’à épuisement des possibilités de jeu ; d’abord placer un ouvrier – baptisé ici Agent – (2 au départ et généralement 3 plus tard dans la partie) en jouant une carte de sa main correspondant à l‘emplacement du plateau visé, chaque emplacement ne pouvant recevoir qu’un unique Agent ; on paye le coût éventuel de l’emplacement puis résout son effet et l’effet éventuel de la carte jouée. Quand un joueur n’a plus d’Agent (ou choisit de ne plus en placer) il résout son ultime action : il révèle le reste de sa main et reçoit les ressources indiquées en cas de révélation, dont la Persuasion qui permet d’acquérir de nouvelles cartes de l’offre qui rejoignent sa défausse.
Jouer sur certains emplacement permet en outre d’augmenter son Influence auprès des 4 factions du jeu (avec des points de victoire à la clef) ou de mobiliser ses troupes pour le conflit en cours. A la fin du tour le joueur qui a engagé le plus de troupes dans le conflit (en intégrant d’éventuels bonus obtenus lors de la révélation de ses cartes ou en jouant une carte Intrigue en surprise) obtient la meilleure récompense (notamment les rares points de victoire, surtout en fin de partie car le paquet conflit est étagé et les cartes du tiers III proposent 2 points de victoire) et ainsi de suite, toutes les troupes engagées étant perdues, victorieuses ou non.

La partie se termine, au choix, quand le paquet conflit (qui fait office de compte tours) est épuisé ou quand un joueur termine le tour avec 10 points de victoire au moins. On réajuste alors le score de chacun avec d’éventuels bonus de carte Intrigue pour déterminer le vainqueur.
J’apprécie tout particulièrement le caractère vraiment tendu du jeu (les emplacements limités pour la pose des Agents : premier arrivé premier servi, les ressources – dont les points de victoire – rares, le conflit qui anime chaque tour et l’incertitude permanente des cartes Intrigue) et la manière dont les opportunités de constituer son deck vont peser sur sa stratégie. Au final un très bon jeu en ce qui me concerne.

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