Monsieur Phal

Messe Essen 2010 le salon

Messe Essen 2010 le salon
Essen, c'est fini
Et dire que c'était la ville
De mon premier jeu
Essen, c'est fini
Et je crois bien
Que j'y retournerai un peu
C’est l’heure des bilans ? Pour certains sans doute. Pour nous c’est encore un peu tôt car les milliers de boîtes vendues viennent à peine de prendre place près de leurs petites sœurs sur les étagères qui animeront les week-ends et les soirées d’automne.
C’est là que la bande du monde va se forger des avis, porter des jugements, se faire des opinions et parfois prendre des habitudes avec un air bénaize.
Nous verrons donc ça petit à petit avec les avis qui vont bientôt tomber sur les fiches de jeux. Je pourrais vous donner mes impressions sur tout ce que j’ai pu tester à Essen mais voilà, figurez-vous que je ne teste rien. Rhoooo ! Le salopiot !
Voilà ce que je fais à Essen. Je scrute, je palpe, je sniffe. Cette année ça sentait bon le carton et la sueur des gens.
Essen, ça sert en fait à plusieurs choses. La première et la plus évidente est, bien entendu, de venir tester, soupeser, faire ses courses. La suivante, tout aussi naturelle est de blablater pour échanger les infos, les goûts et les couleurs.
Quand on est auteur ou auteur en devenir, on prend des rendez-vous pour montrer ses projets en espérant trouver un éditeur a qui ça donne envie. Editeurs qui ne passent pas leur temps à chercher des perles rares comme l’espèrent parfois les jeunes auteurs mais surveillent attentivement ce qui part de leurs étals et ceux des boutiques dans les sacs et comment (justement) on en parle dans les couloirs.  Drôles de gens qui vont dépenser de l’argent sur le projet d’un autre.
Il y a aussi les distributeurs qui font leur marché en essayant d’avoir un catalogue assez varié avec quelques « locomotives » leur assurant des commandes régulières. Il y a aussi des boutiques, celles qui vendent sur place et celles qui viennent voir ce qui risque de devenir important dans les semaines qui viennent.
Contrairement à Nuremberg qui n’est ouvert qu’aux pros, le salon d’Essen permet de sentir le pouls du milieu. Les centaines de milliers de petits cœurs qui battent en s’alignant parfois sur un rythme commun que l’on est content quand on bat avec eux.
C’est donc un lacis entre le monde des affaires et celui de la distraction qui s’entremêle dans des frontières parfois poreuses. Le gigantisme d’Essen est finalement tout relatif. Il n’est pas si grand le monde du jeu. Et du coup les relations s’en trouvent formatées que se soit par sa taille et son univers du loisir. Si le bizness est bien là, il a souvent une taille qui lui donne un air sympa. Ce genre d’ambiance si particulière que l’on peut trouver dans les domaines de l’entre-deux. Pas complètement geek, pas complètement populaire. Un moment charnière où l’on n’a pas encore quitté la geekitude qui fait de nous des complices et où l’on a mis un pied dans l’establishment qui permet d’avoir un peu plus d’espace, un peu plus de reconnaissance, un peu plus de visibilité.
Il y a ceux qui regrettent déjà. C’est plus comme avant. Le temps où tout n’était que bricolage et affaire de spécialistes. Le temps où il était d’ailleurs assez simple d’être spécialiste pour peu qu’on s’y penche. Plus possible aujourd’hui. Trop de jeux. La culture ludique devient exigeante. Elle accapare l’attention de tous les instants pour rester à niveau. Enfin à un niveau suffisant. On ne parle plus de jeu mais des jeux. Les chapelles se structurent, les écoles se définissent. On doit choisir.
Le Essen de cette année était donc à l’image de cette charnière que certains d’entre-vous ont déjà connu avec la BD ou la SF. Les pros ont moins besoin de paraître pros. Il y a encore peu, il était de bon ton de faire entendre qu’on avait peu de temps avec tous les rendez-vous qu’on avait. On louait des bureaux pour les réunions. On entretenait une distance respectueuse entre concurrents. On s’observait à la dérobée. Je ne dis pas que le boulot ne se faisait pas (je prend mes précautions, le téléphone va sonner toute la journée après), il se faisait mais de manière ostentatoire. Un peu pour se réconforter, un peu pour montrer sa différence d’avec les amateurs qu’on ne voulait pas être.
Et ben voyez-vous ! C’est fini. Ou presque (mais je ne débinerais pas).
Ca n’a l’air de rien. C’est de la ludoanthropologie à deux euros. Peut-être (manière personnelle de dire que je m’en fiche). C’est que les relations changent. La distance qui se mettait artificiellement était un signe de construction. Celle-ci a presque disparue cette année. C’est un signe aussi. Les marques se sont installées naturellement, plus besoin de forcer le trait. Les relations sont aussi plus décontractées entre pros alors que les enjeux deviennent plus tendus. On verra comment tout cela évolue mais le moment est vraiment intéressant. C’est bien d’en profiter.
Et puis le jeu c’est suffisamment grand alors il y aura toujours des trucs obscurs pour initiés et d’autres pour le grand public.
Le monde du jeu est donc en train de changer. Rien de brutal ou de révolutionnaire. Un changement subtil qui le fait glisser doucement vers une plus grande reconnaissance. Un genre d’ouverture mais avec du geek Inside. Avec en plus un petit côté mondial pas désagréable. Normalement je devrais à ce moment vous dire vers quoi exactement il va s’orienter, ce qu’il va devenir dans les prochaines années.
Ha zut ! Plus de place !
Le sujet du forum Tric Trac qui parle des jeux de Essen : cliquez ici !
Pour voir les photos du salon : cliquez ici !

Pour Tric Trac,
Docteur Mops, Reporter.
Crédits photos : Monsieur Phal

/

En cliquant sur Like, vous donnez un peu plus de visibilité à cet article.

I don't like

Photos

To be continued in reports...

Comments

Default